Le Shallow, ou une vie de passoire rose à trous cruciformes réfractaires

Discussion dans 'Fictions et belles histoires' créé par Yuffy, 12 Décembre 2016.

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  1. Yuffy

    Yuffy Tipouiteuse chronique, militante et lesbienne ♥♥♥

    Inscrit:
    13 Septembre 2016
    #1 Yuffy, 12 Décembre 2016
    Dernière édition: 1 Mars 2017
    Prologue.

    La planète acheva, sous le chant des rossignols, de se transformer en boîte à gants géante. Imaginez ce banal accessoire automobile d’un gris clair parfaitement commun qui siérait à n’importe quelle voiture ou presque si ce n’étaient ses dimensions. Deux-milles kilomètres de long sur autant de large, et cinq-milles pour la profondeur. Cette aberration dérivait dans le vide de l’espace jusqu’à ce qu’elle soit happée par une porte de frigo bleutée, un squelette de marbre ornait celle-ci à la manière d’une proue, deux joyaux d’un rose brillant occupaient ses orbites et un fémur disproportionné faisait office de jambe et de bassin à cette sculpture étrange. Le plus surprenant néanmoins était qu’elle faisait moins d’un mètre de haut, pourtant, la boîte à gants y avait pénétré sans efforts et sans changer le moins du monde de forme ou de dimensions. Le fait que derrière la porte, il n’y avait apparemment rien, vu de l’extérieur, semblait négligeable devant l’aberration mathématique que formait l’intrusion de cet objet dans cette porte avec un tel rapport (Frigo bleuté)/(Boîte à gants).

    Vu de l’intérieur… La boîte à gants était loin d’être seule : des objets communs, tel un sèche-cheveux blanc, aux moins rationnels, telle une comète figée dans son mouvement et maintenue sur une paroi sortant du néant par une bande d’adhésif. Une sauterelle rayée d’orange releva la tête pour observer une pièce sans murs ni plancher qui flottait au-dessus d’elle, cet assortiment de meubles agencés avec goût était suivi de près par un terme. Pourtant, les termes sont difficiles à rencontrer, ni visibles ni audibles, ni perceptibles de quelque façon que ce soit. Tout juste peut-on en appréhender un grâce à une réflexion intellectuelle. Le terme « peur » était pourtant là dans toute sa simplicité et toute sa puissance. La sauterelle terrorisée, en mourut. Racine septième de (2074,32)² ans plus tard, l’organisme de la sauterelle se remit en route, un camion jaune conduit par un tabouret venait de passer à côté d’elle et la perspective d’avoir du courrier l’avait ressuscitée. Elle se remit alors à contempler ce qui volait au-dessus de sa tête.

    Le jeune lapin jeta rapidement un coup d’œil à l’heure : il était terriblement en retard. Courant de toute la puissance de ses petites pattes à travers l’espace chaotique du frigo, rebondissant là sur une râpe à fromage, là sur une succube aguicheuse, bondissant au-dessus d’un fossé creusé dans la trame du temps. Il attrapa à la volée un biscuit et s’installa devant un vieux coussin cramoisi.

    « Le cours a commencé il y a déjà cinq minutes mon jeune ami. »

    La voix, rocailleuse et miaulante, appartenait à un très vieux chat gris tout touffu, allongé mollement sur le coussin. Il se retourna pour faire face au lapin et, d’un coup de pâte, il dégagea de sous son ventre la tresse de son menton, ornée de quatre perles de bois terne. Lissant ses longues moustaches blanches qui tombaient jusqu’en dessous de sa couche, le silence se fit et il commença sa leçon.

    « Voyez-vous, le monde en dehors de ce havre de paix est compliqué et terrifiant. L’homme à conquis les étoiles et en a fait des royaumes et des empires constitués d’une ou plusieurs planètes. Il a redonné naissance, par ses superstitions, au Petit Peuple, fées, korrigans, farfadets, teuzes et autres gnomes bossus. Comme si cela ne suffisait pas, il a redécouvert leur existence et commencé à renouer des pactes avec eux. Mais le Petit Peuple était instable et capricieux, toujours à demander à ce que les contrats soient respectés, les dettes honorées ! L’Homme ne l’entendait pas de cette oreille. ‘‘Quoi ? dirent-ils, ces minuscules bonhommes et leurs verrues sur le nez veulent des garanties maintenant ? Ils veulent du lait alors que le cours de celui-ci vient d’augmenter de 0,13% ? Intolérable ! Déclarons-leur la guerre et asservissons- les ! Ainsi, leur magie nous appartiendra de façon illimitée pour trois fois rien ! Et prions pour que le cours du rien ne monte pas !’’ Alors, l’humanité sortit l’artillerie lourde : lors de la Fête de la Grande Sieste, où tout le Petit Peuple avait pour coutume de dormir et de ne bouger sous aucun prétexte, des commandos d’élite fondirent sur eux, les emprisonnèrent, les connectèrent à d’effroyables machines inhibitrices et s’en servent aujourd’hui encore comme d’une réserve puissante d’énergie pour faire flotter leurs plus grandes villes ou pour servir les humeurs fantaisistes des plus riches. Seuls les membres du Petit Peuple un peu étranges qui refusèrent de se laisser faire et enfreignirent les règles de la Grande Sieste purent échapper à la malfaisance et à l’esclavagisme des Hommes. La plupart ont rejoint le FTK, Front Terroriste Korrigan, d’autres, moins nombreux, voyagent à travers le monde et œuvrent à des desseins connus d’eux-seul. »


    +++ NOTE : sentez-vous libre de commenter, je posterai les parties de chapitres au fur et à mesure de la réécriture et je mettrais les liens directs vers les posts spécifiques à la suite de cette note.+++

    Chap1.Part1
    Chap1.Part2
    Chap1.Part3
    Chap1.Part4
    Chap1.Part5
    Chap1.Part6

    Chap1.Part7
    Chap1.Part8
    Chap1.Part9

    Chap2.Part1
    Chap2.Part2
    Chap2.Part3
    Chap2.Part4
    Chap2. part5
    Chap2. part6

    Chap2. part7-1
    Chap2. Part7-2
    Chap2. Part8
    Chap2.Part9
    Chap2. Part10

    Chap3. Part1
    Chap3. Part2
    Chap3. Part3
    Chap3.Part4
    Chap3.Part5
     
Par Yuffy le 12 Décembre 2016, à 00:02

Commentaires

Discussion dans 'Fictions et belles histoires' créé par Yuffy, 12 Décembre 2016.

    1. Big-Brother
      Big-Brother
      salut @Yuffy , je viens de lire tes derniers chapitres, le dernier passage est encore plus fort que les précédents. il met vraiment mal a l'aise mais je considère que c'est une très bonne chose, tu arrive vraiment bien a faire passer les émotions par l'écriture.
      y a t'il, d'une manière ou d'une autre, une part autobiographique dans ce chapitre et dans ton roman en général?
      Yuffy a fait un câlin
    2. Yuffy
      Yuffy
      Salut @Big-Brother , c'est tout parfait comme il faut alors ^^ Il n'y a pas vraiment de part autobiographique. Même si Frey est une version idéalisée/fantasmagorique/fantasmée de moi ^^ D'une manière générale, si on passait tous les personnes au mixer avec un bon dosage on pourrait sûrement atteindre une version assez fidèle de moi mais dans l'absolu, c'est pas autobiographique du tout :3 (en revanche, je me suis servi du dernier passage à la fois comme Catharsis et comme message de type "La transphobie c'est le maaaaaaaaaaal !" ^^)
      Big-Brother a fait un câlin
    3. Big-Brother
      Big-Brother
      c'est ce que j'avais cru comprendre. et ça permet de mettre un passif a ton personnage qui n'en devient que plus intéressant !
      Yuffy a fait un câlin
    4. Celash
      Celash
      Moi je veux bien donne mon avis , mais j'ai aucune remarque constructive qui me vienne à l'esprit. désolé
      J'attends juste de voir la suite.
    5. Carmaï
      Carmaï
      (J'ai (enfin) tout lu, je suis fan, j'aime beaucoup ta façon d'écrire et les persos et j'attends donc la suite avec impatience, voilà ^-^ )
      Yuffy et Big-Brother ont fait un câlin
    6. Yuffy
      Yuffy
      Rooooooooooh :3 Je suis trop contente ! Il faut que je m'y remette d'ailleurs ^^
    7. Yuffy
      Yuffy

      Pêcheur et ses dix comparses marchaient d’un pas tranquille dans l’air du soir, de larges manteaux de cuir dissimulaient tant bien que mal leur arsenal. Le long d’une promenade de galets blancs, ils pouvaient admirer la mer calme et sa plage de sable fin à leur droite ou la végétation luxuriante à leur gauche. De temps en temps, un riche passant les croisait sans même leur adresser un regard. Leurs regards étaient tranquilles, personne ne pouvait ici constituer une sérieuse menace. Un brassard fluo accroché à leurs bras droits les identifiait comme des mécaniciens de maintenance, personne n’irait les importuner. Ils s’arrêtèrent devant une petite boutique un instant. Pêcheur regardait son visage terrifiant dans la vitre, deux jeunes enfants qu’ils avaient croisés plutôt s’étaient enfuis en pleurant en l’apercevant. D’ordinaire il n’en avait cure mais ils s’apprêtaient à pénétrer dans le réseau de métro destiné aux déplacements en cas d’attaque orbital et qui servait désormais à ce que le petit personnel puisse se déplacer sans être visibles par la bourgeoisie. La densité de la population y serait importante et plus important, les petites gens ne méprisent pas les gens au point de ne pas même remarquer leurs visages. Et Pêcheur était encore décrit dans pas mal de livres destinés à effrayer les enfants pas sages. Ils entrèrent dans la boutique et ressortirent un instant plus tard, les brassards fluo en moins. De larges sombreros sur le crâne et leurs armes dissimulées dans des étuis à guitare. Un groupe de Mariachis vomit des enfers sortit ainsi en file ordonnée du petit magasin, la cloche tintant à chaque fois que l’un posait le pied hors de la boutique. Ils se dirigèrent alors vers les entrailles de la planète. Tout n’était que calme et beauté à la surface, mais à mesure qu’ils descendaient lentement les escalators rongés par la rouille, le bruit de la foule et les lumières sales pouvaient donner l’impression d’être sur une toute autre planète. L’air était gras et collant, véhiculant l’odeur rance du travail pénible et de la faim devenue compagne habituelle. Les onze pirates furent avalés par le flot de la foule, ils se laissèrent guider ainsi, faisant des efforts pour s’extraire de la marée grouillante lorsqu’ils désiraient prendre un autre embranchement. Après 3 pénibles heures, la densité des ouvriers commença à baisser et ils purent se mouvoir sans être obligés de donner des coups d’étuis à guitare.

      Une heure plus tard et ils y étaient enfin, le plus bas étage de l’ascenseur orbital. Peu de personnes montaient dans cet ascenseur à cette heure-ci. Une fois à l’intérieur, ils se dispersèrent légèrement dans un wagon mais le peu de personnes occupant l’habitacle les rendait particulièrement voyant. Après une heure de trajet, un vieil ivrogne qui cuvait dans son coin ouvrit les yeux et aperçut les sombreros et les étuis à guitare. D’une voix chevrotante mais forte il commença à réclamer une chanson. Alors qu’il se faisait insistant, un des pirates mariachis amateurs ouvrit son étui à guitare, c’était le plus grand des hommes, près de 2m50, une montagne de muscles bodybuildés, des veines saillantes parcouraient son corps et se gonflaient et se dégonflaient au rythme de son cœur. Lorsqu’il se pencha pour ouvrir, il y eut un silence de mort dans le wagon et quand il en sortit une guitare, les passagers restèrent surpris une seconde, ne comprenant pas ce qu’il aurait pu y avoir d’autre à l’intérieur, la guitare sortant de son étui demeurait pourtant curieuse sans qu’il n’arrive à discerner quoi. N’importe quel autre étui auraient en effet détenu un arsenal des plus mortel mais cet homme-là tirait sa fierté de n’avoir jamais apporté une arme sur le champ de bataille, il composait avec ses poings et les armes de ses adversaires. La guitare semblait un jouet dans les bras de ce géant, il commença alors à jouer un air lent et sombre. Une tonalité mineure comme la brise annonciatrice de la tempête à venir. D’une même voix grave, ces compagnons commencèrent à fredonner à voix basse, bouche fermée, faisant vibrer leur cage thoracique. Puis, une voix chaude et suave s’éleva, la pirate avait posé ses bottes contre le dossier du siège en face d’elle et les bras derrière la nuque, le sombrero rabaissé sur ses yeux elle chantait le premier couplet à propos d’esclaves enchainés, le refrain était ensuite entonné en chœur par l’ensemble des hommes à l’exception du plus petit.

      « Nous sommes les embruns qui rongent votre coque

      Nous sommes les hauts-fonds sous votre quille

      Nous sommes la voix des corbeaux, rauques

      Nous sommes la tempête dans les cheveux de vos filles »

      Le plus petit des hommes ouvrit alors sa bouche pendant que les autres pirates retournaient à leur fredonnement grave, sa voix semblait celle d’un ange, plongeant dans les abîmes des basses pour mieux s’envolait dans les sopranos. Il fut rapidement interrompu par l’ivrogne hurlant que la musique était trop aigu et trop forte, que les jeunes ce n’était plus ce que s’était et qu’il voulait dormir. Il en était là de ses revendications lorsque la chanteuse se saisit de la guitare du géant franchit en quelques enjambées la distance entre elle et le poivrot et fracassa la caisse de la guitare sur le crâne de l’alcoolique puis, à voix basse les pirates se remirent à fredonner bouche fermée et aucun ne l’ouvrit ni ne s’arrêta jusqu’à l’arrivée au spatioport.

      Pêcheur n’avait pas envie de perdre de temps à attendre les différentes navettes régulières. L’idéal aurait été un bâtiment militaire comme un sloop tactique, un navire peu cher de par sa petite taille et sa faible puissance de feu mais qui alliait vitesse et équipage réduit. Après plusieurs heures de recherche sans succès sur les docks, les pirates commençaient à perdre espoir. Le soleil commençait à apparaitre de derrière la planète faisant étinceler le spatioport de mille-feux pendant que les vitres s’assombrissaient automatiquement pour protéger ses habitants. La pirate eut alors la première idée constructive du groupe depuis leur départ (si on occulte l’achat de sombreros et une guitare explosée sur le crâne d’un ivrogne). C’est ainsi que le groupe se retrouva un peu plus tard dans la casse du spatioport. Après avoir volé des combinaisons spatiales, ils avaient ainsi suivi Pêcheur et les filins qu’il lançait grâce à ses harpons de débris en débris, jusqu’à l’amoncellement de débris de vaisseau que constituait la casse, en orbite autour de la station spatiale. Pêcheur avait un œil exercé et il ne leur fallut qu’une poignée d’heure pour dénicher un sloop dont les moteurs semblaient encore assemblés à la carcasse. Mesurant à peine 200m de long, le sloop fut ouvert au chalumeau puis refermé de même. Il leur fallut encore une demi-journée pour rendre le sloop fonctionnel et ce en parasitant certains éléments d’autres débris de la casse.

      Les lumières du petit navire s’allumèrent progressivement dans un clignotement irrégulier, deux hommes à la passerelle de commandement, sept autres dans la salle machine et les deux derniers qui courraient un peu partout afin de faire le travail de cinquante personnes. Les générateurs d’atmosphère se mirent en marche en gémissant dans un bruit de pales frottant contre le métal, ils purent enfin quitter le casque de leurs combinaisons qui de toute façon arrivaient à court d’oxygène, Pêcheur essuya son front couvert de sueur pendant qu’il terminait les vérifications des moteurs. Il donna son feu vert à un homme qui lança le démarrage des moteurs qui s’allumèrent en rugissant et coupant temporairement l’éclairage. Depuis la passerelle, les pilotes lancèrent alors la mise à feu des explosifs disséminés autour du navire et le sloop s’élança alors dans la nuit, ses moteurs lancés à pleine puissance, son équipage réparant au fur et à mesure les éléments qui ne supportaient pas ce traitement ou effectuant ce qui avait préalablement été jugé comme non nécessaire.

      « Allez Aba, j’espère que tu t’es pas planté parce que cette épave va à peine durer le trajet... avec du bol. » pensait Pêcheur alors que le vaisseau dépassait la station spatiale et filait vers d’autres étoiles.


      *

      Big-Brother et Carmaï ont fait un câlin
    8. Yuffy
      Yuffy

      Nastacha se réveilla lentement au son des sirènes annonçant la fin du couvre-feu, ses paupières s’ouvrirent comme au ralenti tandis qu’elle luttait contre la fatigue et la douleur. Le sang séché de ses larmes les avait scellées, les cils emprisonnés dans cette croûte rougeâtre étaient autant de liens la décourageant de continuer, tels les fils d’un antique rituel funéraire. Finalement, un à un, les cils de dégagèrent de leur sanglante gangue ou y restèrent, arrachés de la paupière, chacun apportant son lot de souffrances.

      Crala fut auprès d’elle pendant qu’elle se frottait les yeux, embués d’un léger voile de sang, faisant tomber les restes accrochés à ses paupières. Nastacha fit l’effort d’un faible sourire en la voyant.


      « Siggürd est venue voir comment tu allais ce matin, elle ne voulait pas té réveiller mais elle a réussi à te récupérer ça au marché noir. »


      Elle tendait dans sa main crasseuse 2 pilules d’un bleu profond frappé de lettres blanches « 021-». Nastacha identifia immédiatement l’opiacé, probablement volé lors d’une visite à l’infirmerie, un antidouleur de ce genre devait être un véritable trésor pour les malheureuses enfermées ici.

      Dans un soupir, Nastacha articula un merci, dissimula les pilules contre un de ses seins et se mit en quête de Siggürd.

      Celle-ci était en train de donner à manger à une détenue rossée la veille par les gardiens. Ils avaient dû s’en donner à cœur joie au vu de l’état de l’infortunée. Malgré son visage tuméfié, la détenue souriait, paisible et confiante dans le fait que cet enfer était tempéré par un ange de 2m20 et de 180kg. Nastacha attendit patiemment que Siggürd ait fini malgré la terrifiante impression qu’elle avait que chaque minute qui passait la rapprochait de la tombe.

      Lorsqu’elle eut terminé, Siggürd se retourna lentement vers Nastacha, dont les cheveux blonds décoiffés et collés, le visage rougi par le sang et les cils encroûtés faisaient peine à voir.


      « Comment vas-tu aujourd’hui Nastacha ?

      -Je meurs tranquillement, il faut qu’on parle. Dans un coin isolé si possible. » dit-elle d’un ton détaché bien que faible.


      Siggürd la guida jusqu’à sa cellule, celle-ci était dépourvue de toute décoration, friandises ou objets personnels malgré l’emprise qu’elle devait avoir sur le marché noir de la geôle. Nastacha inspira un grand coup, peut-être qu’après tout ce gigantesque ange gardien allait être sa carte « sortie de prison ».


      « Siggürd, il faut qu’on se mutine et qu’on prenne le contrôle de ce complexe. Les gardiens abusent des filles, la vie ici est un enfer, si on veut arrêter de se faire torturer jusqu’à la fin de nos jours il faut qu’on agisse. Imagine comme la vie pourrait être belle si tu régnais sur cet endroit. »


      Siggürd l’écouta parler poliment pendant environ quinze minutes, alors qu’elle exposait son plan pour prendre le contrôle du bloc puis de toute la prison. Lorsqu’elle eut fini, Siggürd resta silencieuse dix secondes pour réfléchir puis prit la parole doucement :


      « Nastacha, je ne mettrais pas en danger la vie de mes filles. Fin de la discussion. Je suis sincèrement désolée. »


      Nastacha sortit de la cellule sans un mot, la Mort allait la cueillir dans ce putain d’endroit oublié des hommes. Parmi les larmes et les hurlements de douleur de la nuit qui suivit, Nastacha mit au point l’unique solution qu’il lui restait.

      Tôt le matin, Nastacha se leva, le corps animé de l’énergie du désespoir. Chaque parcelle de son corps fonctionnant avec l’adrénaline qui coulait dans ses veines. Elle embrassa doucement la poupée Mini-Sacha avant de la ranger contre sa hanche et passa à l’action. Elle emprunta un malheureux bout de rouge à lèvres, un bloc de charbon et une fourchette édentée en plastique en guise de brosse à cheveux à Crala. Une heure plus tard, après une douche et un maquillage digne d’un modèle de haute couture, Nastacha était prête pour le combat, belle comme une incarnation du désir. Ses cheveux blonds descendaient en cascade jusqu’entre ses reins, ses lèvres, d’un rouge profond et ses paupières sombres contrastaient avec le bleu diamant de ses yeux. Le décolleté qu’elle avait réussie à composer avec un savant mélange de pliages et de déchirures invitait à la luxure.

      Et c’était précisément son intention. Elle ne chôma pas. À la fin de la matinée, quatre pauvres détenues étaient désormais éperdument amoureuses d’elle et lui avait fourni tous les médicaments dont elle avait besoin, additionné avec les pilules que Siggürd lui avait offerte, elle put fabriquer un terrible poison.

      Dans l’après-midi, Siggürd s’écroulait, l’écume à la bouche.

      Avant l’heure du thé, les prisonnières, haranguées par Nastacha, se mutinaient, créant la diversion nécessaire à Nastacha pour s’enfuir à bord d’une navette avec deux des plus belles détenues qu’elle avait pu croiser en chemin ainsi qu’un jeune gardien bien bâti et ligoté. Elle laissait l’infortunée Crala à un sort plus qu’incertain.

      Dans la soirée, la planète Lépry se consumait sous le feu nucléaire qui rongeait ses entrailles, Nastacha s’était autorisé un détour de quelques heures pour prendre une revanche qui n’avait que trop tardée. Un sourire dément aux lèvres, ses yeux la vidant de son sang peu à peu en deux filets rouges ininterrompus, Nastacha s’éloignait vers les étoiles.

      Au petit matin, la blonde chirurgienne, après une escale de moins de deux heures dans un des plus gros bazars aux épices et aux herbes de cette zone sidérale, avait fini de concocter un remède à la maladie qui la dévorait.

      Entourée de deux magnifiques femmes et de son nouvel esclave, Nastacha dormit paisiblement pour la première fois depuis vingt ans.


      *

      Big-Brother et Carmaï ont fait un câlin
    9. BatVador
      BatVador
      Je crois que j'ai finis de rattraper ce que j'avais pas lu.
      Je veux bien la suite, je suis super curieuse de voir où ça mène ! Et bravo parce que c'est ouf de créer un univers.

      Quelques remarques ceci dit, il y a quelques fautes du traînent. Certaines phrases sont un peu longues ou inutilement alambiquées. Quelques répétitions au sein des phrases ça alourdit des fois.
      Le principal reproche c'est que les dialogues font pas naturels du tout, ils leur manque quelque chose pour s'intégrer au récit
      Et une remarque, tu décris les personnages féminins de façon hyper sexualisée ce que tu ne fais pas du tout avec les personnages masculins.
      Yuffy a fait un câlin
    10. Yuffy
      Yuffy
      Hmmmm... remarques super intéressantes ! (Je sais pas vraiment comment améliorer les dialogues ceci dit... hmmmm..) et c'est vrai qu'il faudrait que je sexualise plus les persos masc... mais c'est vrai qu'en même temps ma sexualité doit clairement jouer un rôle emmerdant...
      BatVador a fait un câlin
    11. BatVador
      BatVador
      Ahhhh mais j'avais pas tout lu en fait, le forum me fait des farces. Je lirais la suite dès que possible !
      Yuffy a fait un câlin

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